À la découverte de la seiche

Si vous avez l’occasion de l’apercevoir en plongée sous marine (sans la déranger, cela va de soi), vous resterez charmé par ce mollusque aquatique : ses ondulations de couleurs et ses grands yeux de mammifère lui confèrent un air magique.

La seiche est un mollusque de la famille des céphalopodes (comme le calmar, le nautile ou la pieuvre). Elle a dix tentacules, dont deux plus longs utilisés pour la capture des proies. Les seiches se déplacent souvent en bancs sur de longues distances.

Il existe environ 80 espèces de seiches, la seiche commune (Sepia officinalis) vit près de nos côtes.

La seiche possède une incroyable capacité de mimétisme : sa couleur s’adapte à celle de son milieu (homochromie). Grâce aux propriétés des milliers de cellules cutanées pigmentées (les chromatophores) qui peuvent se contracter ou se dilater par action musculaire. Elles recouvrent des éléments réflecteurs, les leucophores, qu’elles cachent ou découvrent, permettant des changements de couleurs. Parfois, ces couleurs brillantes semblent irradier de son corps. Les scientifiques pensent que ces signaux forment la base du langage visuel des seiches.
La seiche chasse à la tombée de la nuit. Elle repère ses proies à vue. Pour surprendre les crevettes et autres crustacés dont elle se nourrit, elle dresse au dessus de sa tête deux de ses tentacules courts puis d’un seul coup elle propulse ses deux longs tentacules munis de ventouses sur sa proie. Ces ventouses renforcées par un anneau rigide, en corne lui permettent de maintenir fermement ses proies. Caché par des tentacules, le bec corné de la seiche peut broyer facilement des carapaces de crabes. Sa salive contient un venin toxique qui permet d’immobiliser les proies.
Ses deux grands yeux très perfectionnés sont similaires à ceux des vertébrés. La seiche ne distingue pas les couleurs mais elle jouit d’une excellente vue, y compris dans l’obscurité.
Lorsqu’elle veut fuir, elle se propulse en arrière en éjectant de l’eau par son siphon. Elle jette également de l’encre (La mélanine, mélangée au mucus) pour détourner l’attention de son adversaire et ainsi prendre la fuite masquée par son nuage d’encre. Cette encre contient également des enzymes qui inhibent l’olfaction de l’agresseur.

La seiche possède une coquille interne, « l’os de seiche » qui est remplie d’air et lui permet de flotter sans efforts sans être obligée de nager en permanence.

Grâce à cette flottabilité, les coléoïdés (seiches, calmars et pieuvres) ont un moyen de locomotion qui leur est propre : la propulsion à réaction. Ils nagent en expulsant par un étroit tuyau l’eau qu’ils aspirent dans une cavité de leur manteau pour alimenter les branchies en oxygène. Les déplacements vers l’avant sont lents et assurés par l’ondulation de la membrane souple qui entoure le corps. Les accélérations sont pilotées par la propulsion qui lui permet d’avancer ou de reculer pour fuir.

La durée de vie d’une seiche n’excède pas 2 ans. La reproduction débute dès leur arrivée près des côtes et les seiches meurent après (phénomène de sémelparité).

Les seiches sont mâles ou femelles. La maturité sexuelle est atteinte vers 1 an à 2 ans. Les males se livrent à des parades spectaculaires jouant de leur cellule chromatiques pour faire défiler des vagues de frises brune sur la longueur de leur corps. Chez le male un des ses tentacules modifies fait office d’organe de reproduction. Lors de l’accouplement, le mâle introduit son tentacule copulateur (appelé hectocotyle) dans la cavité de la femelle.

Au printemps, la femelle pond des grappes d’œufs (entre 200 et 300 œufs) sur un support (algues, cordages, nasses, etc…). Les œufs de seiches aussi appelés « raisins de mer » sont noirs et de la taille d’un raisin. Les jeunes seiches éclosent après une incubation de deux à trois mois.
À leur naissance, les petits seichons mesurent environ 12 mm. Ils disposent d’une réserve alimentaire sous forme d’un sac vitellin interne. Il leur faut quelques mois pour passer au stade adulte.

Le pire ennemi de la seiche est l’homme qui apprécie sa chaire comestible. Elle fait l’objet d’une pêche intense (chaluts, filets maillants, casiers, nasses, lignes).

Elle est également convoitée pour le pigment qu’elle sécrète qui sert de base à la fabrication de la sépia (encre de Chine), utilisée dans le dessin au lavis